François Tonic & Programmez! – Une histoire de lignes

1, 2, 3 : Programmez!

 Depuis des années, il est l’une des premières choses que l’on remarque lorsqu’on pénètre dans les bureaux de Code Insider. Trônant majestueusement à la place du roi, le magazine Programmez!, grimoire du développement informatique depuis 1998, est le premier indice laissant à comprendre la ligne de conduite de Code Insider : « un code propre et maintenable s’acquiert par l’usage des bonnes pratiques, qu’elles qu’en soient les technologies à l’origine ».

Aussi, l’idée de contacter François Tonic, directeur de la rédaction de NeferIT et propriétaire des magazines Programmez!  et Pharaon est rapidement devenue une évidence.

Historien de formation et passionné par l’Egypte ancienne, François n’aura pas mis longtemps à nous ouvrir les portes de son passé pour finalement nous dévoiler sa vision de l’avenir du monde de l’informatique. Des questions nous en avions, des réponses aussi désormais. Après nous être entretenus durant près d’une heure à travers le combiné, il en ressort aujourd’hui trois articles dont vous êtes en train de lire l’introduction. Au moins aussi ambitieux que Code Insider lorsqu’il s’agit de transmettre l’amour des nouvelles technologies, il y a fort à parier que nous vous proposions très bientôt un nouveau type de contenu conjointement réalisé avec François Tonic et qui pourra prendre la forme d’une vidéo ou d’un podcast. Restez alerte ! 

Dans ce premier article, nous allons introduire celui qui écrivit sa première ligne de code sur une calculatrice programmable Casio et exprimer comment, en persévérant et en diversifiant les canaux, François Tonic a su mettre faire du papier un vecteur de nouvelle technologie. D’enfant passionné d’informatique et de nouvelles technologies à dirigeant du plus grand magazine français dédié à l’informatique, une vie au service de l’IT vous est conté par Code Insider.

Il est 17h30, la journée touche à sa fin et le triste ciel d’hiver a déjà laissé place à une nuit sombre et froide où le calme que prodigue la neige ne serait pas superflu. C’est presque Noël avant l’heure pour nous, passionnés d’informatique, que de savoir que nous allons échanger avec l’un des précurseurs et source d’information majeure des domaines de l’informatique, de la programmation et de l’IT. Le téléphone sonne, et au bout du fil, la voix de François Tonic est posée, calme, ce qui contraste avec notre excitation. Les premiers échanges dessinent rapidement ce que sera cette interview : un véritable récit de passion empli d’anecdotes, de flashback et de théories sur l’avenir des développeurs et de l’univers même de l’informatique.

De la passion naît la vocation

Notre leitmotiv premier était de comprendre ce qui pouvait bien pousser un passionné d’informatique à se lancer dans le monde de la presse et de relancer une presse écrite française dédiée à l’informatique alors quelque peu en arrière comparé aux autres géants européens et mondiaux. La réponse de l’intéressé est aussi simple que la question : la passion et l’envie de partager cette dernière avec le maximum de personnes. Avant de vous détailler la vision que possède François Tonic du partage et du message que doit véhiculer Programmez!, retraçons ensemble le parcours très tôt prometteur de François.

En 1983, c’est du haut de ses dix ans que François fait ses premiers pas dans l’informatique. Après que son frère aîné est ramené à la maison l’un des ancêtres de nos PC, le CANON X07, une curiosité soudaine pousse le cadet à s’intéresser de plus près au code. C’est ainsi que sa première ligne de code verra le jour sur une simple calculatrice programmable, une Casio PB100. Puis, l’évolution fut ce qu’elle fut et la passion engendra un apprentissage sur différents supports : Atari ST (1985), Amiga (sortie en 1986 en France), Mac.

X07 Canon

 

Peu importe la plateforme, le plaisir se retrouve dans la rédaction du code lui-même. En détaillant son parcours personnel, le développeur nous fait un rapide schéma de ce que fut son évolution. Tout d’abord testeur, il devient ensuite développeur par ses études à la faculté avant de s’orienter vers l’informatique et d’ensuite bifurquer – finalement peu – vers ce qui deviendra la presse informatique qui existe encore aujourd’ hui.

Une entrée fracassante dans le monde de la presse informatique

En 1997, au sortir des études, François tente sa chance chez Apple, alors en pleine phase ascendante et parvient à se faire référencer en tant que développeur Apple. Cette distinction lui permet d’avoir accès à la version Beta de MacOS8. Cette opportunité fait alors jaillir une idée aussi utile que laborieuse dans sa réalisation : « écrire un guide complet sur Mac OS. Ces connaissances, peu les avaient et il était pour moi utile de renseigner et d’informer le maximum de personnes. »

Et, si le rapport entre Apple et Programmez! vous apparaît mince, c’est pourtant ce qui fera le lien entre la fin des études et un début de carrière tonitruant. Finalement en possession de ce guide d’utilisation ultra-complet, l’étape suivante revient à proposer ce dernier aux trois magazines Mac de l’époque. Finalement, c’est Univers Mac qui le publiera en fin 97. Programmez! donnera bonne réception à l’arrivée de ce jeune ambitieux et de son almaMac(h) en permettant l’arrivée de l’historien-informaticien dans la presse informatique en 1999.

Apparition qui s’avérera finalement être un véritable tournant dans la carrière de François Tonic. Cette arrivée, seulement un an après la création du magazine (1998), se fait à travers quelques premières piges. La raison de ce choix est pourtant aussi simple que les valeurs de l’homme : une envie de partager ce qu’il connaissait de cet univers. Le choix était donc « logique » selon lui. En 2000, dans cette rechercher d’évolution constante et avec toujours plus d’ambition, François se voit propulser Rédacteur en chef du magazine avec comme objectif de devenir LA référence des domaines de l’informatique, de l’IT et de l’évolution de l’univers des développeurs sur l’ensemble des technologies. Le but premier : qu’un développeur puisse réussir avec un minimum de connaissance à approfondir ses bases techniques grâce à des articles complets et diversifiés.

Depuis plus de 20 ans, le magazine Programmez! est devenu indissociable du panorama informatique Français. C’est cette relation particulière avec les lecteurs qui pousse François à racheter le magazine en 2013. Pourtant, l’ADN de Programmez! n’a « jamais changé » selon le principal intéressé et « reste axé sur la technologie mais surtout le code ». Aujourd’hui, il est très important pour Programmez! de rester au plus près des nouveaux outils, des nouvelles approches et surtout des meilleures pratiques de développement. Il nous l’assure : « L’intérêt premier est vraiment d’apporter la connaissance que le développeur ne peut pas avoir car il manque de temps. Il (le développeur. NDLR) fonctionne beaucoup à travers une sphère personnelle et un domaine de confort. Notre mission est donc de montrer qu’il existe autre chose et que l’évolution est rapide, il faut s’accrocher ! S’il ne s’y intéresse pas, il va perdre les informations importantes et, s’il n’évolue pas, le développeur intéresse forcément moins et la passion risque alors de s’éteindre. Il faut sans cesse continuer à faire de la veille technologique en dehors de son cercle. C’est très important. Un développeur doit se former en continue. S’il ne se forme pas, c’est un développeur qui est mort. » Si les mots sont forts, le concept est limpide.

Une ambition pour plusieurs visions

« Si le métier devient mécanique, on reste alors dans une démarche alimentaire et le niveau s’en ressent. »
François Tonic

Plus qu’un simple propriétaire de titre de presse, François a su cumuler son talent de rédacteur (il possède aussi le magazine sur l’Egyptologie : Pharaon. NDLR), sa passion de l’informatique à sa vision intemporelle de ce qui fait la réussite d’un développeur pour faire de Programmez! la référence unique d’une vision globale de l’informatique.

Lorsqu’on l’interroge d’ailleurs sur le profil du développeur tel qu’il devrait être aujourd’hui, la réponse n’est finalement que bon sens. Ce persona, décrit à travers une expérience de nombreuses années, reflète finalement le lecteur type de Programmez! : un passionné de technologie, toujours ambitieux et avec une véritable appétence pour la veille technologique qui est déterminée ici comme l’une des notions majeures de la montée en compétence. Evidemment, les bonnes pratiques doivent être le socle de pensée du développeur-lecteur. Et ce quel que soit son environnement de travail : intégré en mission, freelance, interne. La veille n’est pas suffisante selon François qui insiste sur la nécessité de passer des formations, des certifications et surtout d’adopter une méthodologie de test quotidienne.

Le point d’orgue de cette description restant la passion : « Si le métier devient mécanique, on reste alors dans une démarche alimentaire et le niveau s’en ressent. L’informatique est aujourd’hui l’un des derniers domaines de passion. » Il faut une soif d’apprendre pour progresser et cette soif n’est alimentée que par la volonté de découvrir toujours plus de nouveau langage, de nouveau outils et assurer le suivi des évolutions dans son domaine.

Pour combler ce lecteur volontaire, il est toujours resté important pour François de continuer à faire lui-même des recherches. Ainsi, il nous le confirme : « Je teste un peu tout ce qui sort. S’il est compliqué de rester au niveau sur l’ensemble des langages, il est nécessaire de continuer à les étudier sans y accorder l’entièreté de son temps. » Un temps précieux qu’il met à contribution dans l’installation de nouveaux outils. Car, et c’est un point essentiel, « il faut rester proche du matériel. »

Dans ce premier article, nous souhaitions vous faire connaître l’homme derrière le magazine et que vous puissiez ainsi découvrir la passion derrière la rédaction. Nous vous préparons actuellement la suite des articles issus de cet entretien qui seront axés sur l’évolution du développeur, des méthodes de travail ainsi que sur les grandes tendances à venir dans les prochaines années.

Un immense merci à François Tonic pour sa disponibilité et pour son travail quotidien ainsi que celui de ses équipes !

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