L’évolution des profils de développeurs selon François Tonic

Les écoles, la formation, les profils de développeurs

Troisième opus de notre série d’entretiens avec François Tonic, rédacteur en chef et propriétaire de Nefer-IT comprenant notamment les magazines Pharaon et Programmez!. Dans cette partie divisée en trois mini-articles, nous avons abordé tour à tour l’évolution des profils de développeurs, les technologies prisées par les grosses structures et l’évolution du marché dans les années à venir ainsi que la vision de Programmez! sur ce futur prometteur (ou non). Découvrez aujourd’hui l’avis de François Tonic sur les écoles.

Ce tour d’horizon de l’environnement du développement informatique, nous l’avons débuté en parlant des développeurs, de leurs aspirations et des problématiques devenues communes. Façon entonnoir, François commence dans les grandes largeurs : « Je vois de tout. Autant je rencontre vraiment du très très bon niveau pour lesquels c’est un véritable plaisir de les voir en action et d’échanger avec eux sur les dernières technologies ; autant il apparaît de plus en plus que de « mauvais » développeurs apparaissent sur le marché. L’écart déjà existant ne tend pas à se refermer de sitôt, il aurait même tendance à s’ élargir aujourd’hui. Ce constat est notamment dû au fait qu’on a parfois des profils extrêmement hétérogènes et tous les prétendants et prétendus développeurs ne sont pas destinés à être de très bons devs. »

Lorsqu’on l’interroge sur les raisons de ce changement de niveau, le ton se fait plus critique envers les écoles : « Les problèmes de compétences et d’appétence de chaque individu est aussi et forcément lié à une problématique commune d’enseignement. Il a toujours existé, et dans chaque domaine, des personnes au potentiel moins élevé que d’autres, plus laborieuses dans l’apprentissage. Ils seront sûrement de très bons codeurs mais pas forcément de très bons développeurs. Et on peut en partie blâmer les écoles d’Ingénieurs informatiques en se posant la question de savoir si elles poussent suffisamment les étudiants vers les bonnes pratiques. »

Critique mais compréhensif, il poursuit : « Pour répondre à ces questions, on peut aussi remarquer qu’il est très difficile, et même pour les très bonnes écoles, de forcer les étudiants à faire telle ou telle chose. Aujourd’hui, le jeune diplômé ou le nouveau développeur qui arrive sur le marché doit avoir cette sensibilité à la sécurité dans le code, aux approches de tests. C’est notamment ça qui est reproché aux écoles, ne pas accentuer d’avantage le programme là-dessus. Il y a encore bien trop de nouveaux arrivants qui ne possèdent que la théorie mais aucunes pratiques sur les tests ou alors qui décident carrément de ne pas les appliquer même en connaissance de cause. Quant à la sécurité, la situation est encore pire. Il ne faut JAMAIS oublier que le premier niveau de sécurité d’un logiciel c’est le développeur lui-même. Et le chemin sera encore long avant d’arriver à une prise de conscience générale. »

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